Vous venez d’abattre un arbre et cette souche trône désormais au milieu de votre jardin sans que vous sachiez quoi en faire ?
Selon la taille de la souche, l’accessibilité du terrain et vos impératifs de délai, plusieurs solutions existent : du simple arrachage manuel aux machines spécialisées, en passant par les produits chimiques de dessouchage. Voici un tour complet des options disponibles pour s’en débarrasser efficacement et durablement.
Faut-il vraiment éliminer une souche d’arbre ?
Avant d’engager des travaux, posez-vous d’abord la bonne question : la souche est-elle vraiment gênante ? Une souche peut parfaitement rester en place si elle ne constitue pas un obstacle physique et si l’arbre dont elle est issue n’était pas porteur d’une maladie susceptible de se propager aux végétaux voisins.
Une fois la décision prise, le choix de la méthode dépend de plusieurs paramètres : la taille de la souche, le type de système racinaire (pivotant comme le Chêne, traçant comme le Peuplier ou le Saule), l’accessibilité du terrain et votre budget.
Les méthodes mécaniques : rapidité et efficacité
Les méthodes mécaniques restent les plus respectueuses de l’environnement, même si elles impliquent un certain bouleversement du sol. Elles conviennent à la plupart des situations et offrent des résultats rapides et définitifs.
L’arrachage manuel : pour les petites souches

Cette option est réservée aux souches de petit diamètre et aux jardiniers disposant de force physique et de temps. Commencez par creuser au pic et à la pioche tout autour de la souche, sur au moins 30 à 40 centimètres de profondeur, en creusant une tranchée circulaire pour dégager les grosses racines. Coupez ensuite chaque racine principale à la scie ou à la tronçonneuse pour priver la souche de toute alimentation. Une fois les racines sectionnées, tentez d’extraire la souche à la main ou à l’aide d’un tire-fort si elle résiste.
Travaillez de préférence par temps sec : la terre humide s’accroche aux outils et complique considérablement la tâche.
La dessoucheuse : l’option la plus polyvalente
Pour les souches de taille moyenne ou les terrains difficiles d’accès, la dessoucheuse (aussi appelée rogneuse de souche ou raboteuse) est la solution la plus efficace. Elle est disponible à la location dans les agences de matériel de jardinage. Cet engin est équipé d’un disque à dents qui déchiquète la souche en copeaux jusqu’à la profondeur souhaitée. Une fois l’opération achevée, les copeaux de bois peuvent être valorisés comme paillis sur vos massifs ou intégrés directement au compost. Portez impérativement des lunettes protectrices, un casque anti-bruit, des gants et des chaussures de sécurité.
La mini-pelle : pour les grosses souches
Lorsqu’on est confronté à une souche issue d’un arbre centenaire ou dépassant 30 centimètres de diamètre, faire appel à un entrepreneur équipé d’une mini-pelle reste la solution la plus rapide, mais aussi la plus onéreuse. Quelques poussées et tractions suffisent généralement à déstabiliser le pivot de racines et à extraire la souche. Vérifiez toujours l’accessibilité du terrain avant de planifier l’intervention, et signalez la présence éventuelle de canalisations ou de câbles souterrains à proximité.
Les méthodes chimiques : dévitaliser sans arracher
Quand les méthodes mécaniques ne sont pas envisageables, les produits chimiques permettent de dévitaliser progressivement une souche. Cette approche est à envisager en dernier recours : l’usage de produits chimiques peut avoir des impacts négatifs sur le sol, l’environnement et la santé. Toutes les précautions d’usage s’imposent.
Les produits destructeurs de souche du commerce
Le chlorate de soude, longtemps utilisé comme destructeur de souche, est interdit à la vente depuis 2010 en raison de sa dangerosité. Les produits actuellement disponibles en jardinerie sont généralement à base de nitrate de sodium, de nitrate d’ammonium ou de sulfate d’aluminium. Le protocole d’application est simple : percez entre 5 et 8 trous obliques dans la souche (10 à 20 centimètres de profondeur), versez-y la solution préparée selon les instructions du fabricant, puis colmatez les ouvertures avec de la terre argileuse ou de la pâte à bois pour éviter la dilution par la pluie. La durée du traitement varie entre 3 mois et 2 ans selon la taille de la souche.
Le salpêtre et le sel : des alternatives plus douces
Pour une approche plus écologique, le salpêtre (nitrate de potasse) constitue une option intéressante. Le mode opératoire est identique à celui des produits chimiques commerciaux : percez des trous sur tout le pourtour de la souche, remplissez de salpêtre, puis couvrez d’un film plastique ou d’une pâte cicatrisante. Effectuez cette opération de préférence en Automne ou en Hiver, lors de la sève descendante, pour une efficacité maximale. Le gros sel versé dans des trous verticaux de 10 centimètres peut également accélérer la décomposition, bien que son efficacité soit variable selon les essences.
La méthode à l’Ail : un remède naturel au résultat incertain

Elle consiste à insérer des gousses d’Ail dans des trous percés dans la souche. La germination de l’Ail dégagerait des substances toxiques acheminées vers les racines par la sève, dévitalisant progressivement la souche sur 2 à 3 ans. Son efficacité reste toutefois contestée et les résultats sont variables selon l’essence de l’arbre. À réserver aux petites souches sans urgence particulière.
La décomposition naturelle : la solution la plus écologique
Si la souche ne présente pas de danger immédiat et ne gêne pas un projet d’aménagement, la laisser se décomposer naturellement est l’option la plus respectueuse du sol et de la biodiversité. Sans intervention, une souche met 10 ans ou plus à disparaître complètement selon le type de bois et les conditions climatiques. Pour accélérer le processus, percez des trous profonds et remplissez-les de compost riche ou de fumier, puis recouvrez la souche d’une bâche plastique noire pour favoriser l’action des champignons décomposeurs et des vers de terre.
Lorsque le haut de la souche commence à être friable, vous pouvez aménager une cavité remplie de terreau pour y installer une plante tapissante ou un arbuste d’ornement comme le Liquidambar, selon l’exposition.
Quelle méthode choisir selon votre situation ?
Plusieurs critères orientent le choix. La taille de la souche est le premier paramètre à évaluer, suivi du niveau d’urgence et de l’impact environnemental souhaité. Voici un récapitulatif :
- Petite souche, délai non urgent : arrachage manuel ou salpêtre.
- Souche de taille moyenne, terrain accessible : dessoucheuse en location.
- Grosse souche d’un arbre centenaire : mini-pelle avec un professionnel.
- Souche malade ou chantier urgent : arrachage mécanique, les méthodes naturelles étant trop lentes.
- Budget limité, projet non urgent : décomposition naturelle accélérée.
Certains arbres à croissance rapide comme le Peuplier ou le Saule ont des systèmes racinaires traçants qui peuvent compliquer davantage l’opération de dessouchage.
Que faire après le dessouchage ?
Une fois la souche retirée ou dévitalisée, rebouchez le trou avec la terre et les mottes de gazon récupérées lors du creusage. Si vous avez utilisé une dessoucheuse, les copeaux peuvent être mélangés à la terre ou valorisés comme paillis sur vos massifs. Après un traitement chimique, attendez plusieurs semaines avant de replanter afin d’éviter tout résidu toxique dans le sol.
Restez vigilant : une souche apparemment morte peut produire de nouveaux rejets pendant plusieurs années, en particulier chez les essences à forte capacité de régénération comme le Prunus, le Figuier ou le Robinier. Coupez les rejets à la base dès leur apparition pour épuiser progressivement les réserves racinaires.


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