Le dosage de référence pour un gobetis au ciment est de 500 kg de ciment CEM I pour 1 m³ de sable 0/4, avec un rapport eau/ciment d’environ 0,5 et une épaisseur d’application comprise entre 4 et 5 mm.
Ces valeurs correspondent aux préconisations du NF DTU 26.1 pour les supports courants en parpaing ou en brique de terre cuite. Le choix du granulat suit la même logique que pour un dosage sable-ciment classique, avec un sable propre et adapté à l’enduit.
Qu’est-ce que le gobetis au ciment ?
Gobetis ciment vs gobetis chaux : quelles différences ?
La chaux hydraulique, quant à elle, présente une souplesse et une perméabilité à la vapeur bien supérieures. Elle convient aux murs anciens en pierre ou en pisé, où un gobetis trop rigide provoquerait des décollements au fil des cycles thermiques.
Son dosage est comparable à celui du ciment, environ 500 kg/m³ de sable sec pour une chaux hydraulique naturelle NHL 3,5 ou NHL 5, mais sa résistance finale reste inférieure, ce qui est précisément recherché pour ne pas « bloquer » un support qui travaille.
Le mortier bâtard, mélange de ciment et de chaux, constitue un compromis intéressant pour les supports intermédiaires, en combinant la résistance du premier et la souplesse du second.
| Critère | Gobetis ciment (CEM I/II) | Gobetis chaux hydraulique (NHL) |
|---|---|---|
| Résistance mécanique | Élevée (> 10 MPa) | Modérée (2 à 7 MPa) |
| Perméabilité vapeur | Faible | Élevée |
| Supports adaptés | Parpaing, brique industrielle, béton | Pierre, brique ancienne, pisé |
| Temps de prise | Rapide (24-48 h) | Plus lent (48-72 h) |
| Flexibilité | Rigide | Souple |
Dosage gobetis ciment : les proportions selon le DTU 26.1

Le NF DTU 26.1, publié par le CSTB et homologué par AFNOR en avril 2008, constitue la référence normative technique pour les travaux d’enduits de mortiers en France. Ce document encadre le choix des liants et des granulats et précise les dosages minimaux à respecter pour chaque type de support. Il ne s’agit pas d’un règlement en lui-même, mais d’un document contractuel de référence pour la mise en œuvre.
Le principe directeur du DTU 26.1 est clair : un gobetis ne doit jamais être « trop maigre ». C’est lui qui supporte mécaniquement l’ensemble du système d’enduit, et un sous-dosage en liant entraîne inévitablement une perte d’adhérence, voire un décollement en masse des couches suivantes. À l’inverse, un dosage excessif peut générer des tensions internes et des fissures. Le dosage recommandé du gobetis au ciment et au sable se situe donc dans une fourchette précise, différente selon le liant utilisé.
Dosage standard CEM I ou II (500–600 kg/m³)
Pour les supports les plus courants, parpaings en béton et briques de terre cuite industrielles, le DTU 26.1 préconise un dosage en ciment Portland CEM I ou CEM II (classe 32,5 ou 42,5) compris entre 500 et 600 kg par m³ de sable sec.
Ce dosage correspond à un mortier riche, avec un rapport volumique d’environ 1 volume de ciment pour 2 à 3 volumes de sable 0/4.
Le rapport eau/ciment doit être maintenu autour de 0,5, ce qui donne une consistance fluide mais pas liquide : le mortier doit « tenir » sur la truelle sans s’étaler, tout en étant suffisamment souple pour adhérer au support lors de la projection.
Dosage CEM II + chaux (250–350 kg + 150 kg)
Lorsque l’on souhaite améliorer la maniabilité du mortier et lui conférer une légère souplesse supplémentaire tout en conservant la résistance du ciment, le DTU 26.1 autorise un mélange de ciment CEM II et de chaux. Le dosage recommandé est alors de 250 à 350 kg de ciment CEM II auxquels on ajoute 150 kg de chaux (chaux aérienne CL ou chaux dolomitique DL) par m³ de sable sec.
Ce mortier bâtard convient aux mêmes supports que le dosage CEM I/II pur, mais il est très apprécié des applicateurs pour sa plasticité accrue, qui facilite la projection à la truelle. La chaux améliore aussi la rétention d’eau du mortier, ce qui ralentit le séchage en surface et réduit le risque de fissuration prématurée.
Dosage chaux hydraulique (500 kg/m³)
Pour les supports en briques de terre cuite à granulats légers ou en parpaings de granulats légers, le DTU 26.1 prévoit également un dosage à la chaux hydraulique naturelle (NHL ou HL) de 500 kg par m³ de sable sec.
Ce dosage, identique en volume à celui du ciment CEM I/II, s’applique avec une chaux hydraulique de classe NHL 3,5 ou NHL 5, qui présente une résistance mécanique suffisante pour assurer l’accrochage tout en conservant la perméabilité à la vapeur d’eau.
Le rapport eau/liant est légèrement supérieur à celui du ciment, généralement autour de 0,55 à 0,60, pour compenser la demande en eau plus élevée de la chaux hydraulique.
Tableau récapitulatif DTU 26.1
| Liant utilisé | Dosage (kg/m³ de sable sec) | Rapport eau/ciment | Résistance indicative |
|---|---|---|---|
| CEM I ou II (32,5 ou 42,5) | 500 à 600 kg | 0,45 à 0,55 | Élevée (> 10 MPa) |
| CEM II + Chaux (CL ou DL) | 250-350 kg + 150 kg | 0,50 à 0,55 | Moyenne à élevée |
| CEM II seul (granulats légers) | 400 à 500 kg | 0,50 | Moyenne |
| Chaux hydraulique (HL ou NHL-Z 5) | 500 kg | 0,55 à 0,60 | Modérée (3 à 7 MPa) |
Quel dosage selon le support ?
Gobetis sur parpaing (support peu absorbant)

Le gobetis sur parpaing est le cas de figure le plus courant dans la construction neuve et la rénovation récente. Le parpaing ordinaire est un support peu absorbant, dont la surface lisse et peu poreuse offre une accroche naturellement limitée.
C’est précisément pour cette raison que le DTU 26.1 préconise le dosage le plus élevé, 500 à 600 kg de CEM I ou II par m³ de sable sec, afin que la richesse en pâte de ciment compense le manque d’aspérités.
Le gobetis parpaing doit être projeté avec force, en geste sec, pour que le mortier s’incruste dans les joints et les micro-rugosités de surface. Il est aussi impératif d’humidifier le support avant application, car un parpaing sec absorbe instantanément l’eau de gâchage, ce qui prive le mortier de l’eau nécessaire à son hydratation correcte.
Gobetis sur béton banché
Le béton banché est le support le plus délicat pour un gobetis d’accrochage, car sa surface est généralement très lisse, voire coffrée, et présente une porosité quasi nulle.
Dans ce cas, le DTU 26.1 recommande de traiter préalablement la surface par piquetage, bouchardage ou sablage pour créer des aspérités mécaniques.
Le dosage du gobetis reste dans la fourchette haute, 500 à 600 kg de CEM I/II par m³, mais certains professionnels ajoutent une résine d’accrochage (type SikaLatex ou équivalent) mélangée à l’eau de gâchage pour améliorer l’adhérence sur ce type de support particulièrement peu coopératif.
L’épaisseur de la couche doit rester dans la plage des 4 à 5 mm recommandée, sans chercher à rattraper les irrégularités du coffrage en une seule passe.
Application du gobetis au ciment
Projection et épaisseur (4–5 mm)
La projection du gobetis s’effectue à la truelle, par gestes secs et énergiques qui « claquent » le mortier contre le support, ou à l’aide d’un sablon couplé à un compresseur pour les grandes surfaces. Dans les deux cas, l’objectif est d’obtenir une couverture homogène du support, sans chercher à lisser ou à talocher la surface.
Le gobetis doit rester brut de projection, avec ses irrégularités et ses aspérités, car c’est précisément cette rugosité qui assurera l’accrochage du corps d’enduit.
L’épaisseur doit être maintenue entre 4 et 5 mm : en dessous, la couche est trop mince pour jouer son rôle d’accrochage ; au-delà, elle risque de se fissurer sous l’effet du retrait au séchage ou de se décrocher sous son propre poids.
Il n’est pas nécessaire, ni souhaitable, de couvrir 100 % de la surface : un taux de couverture de 70 à 80 % est suffisant et même recommandé pour permettre au corps d’enduit de s’ancrer directement dans les aspérités du support.
Temps de séchage avant corps d’enduit
Le respect du temps de séchage entre le gobetis et le corps d’enduit est une condition non négociable pour la durabilité de l’ensemble. Le DTU 26.1 et les règles de l’art convergent vers un délai minimum de 48 heures avant d’appliquer le corps d’enduit sur un gobetis au ciment, dans des conditions normales de température (entre 5 et 30 °C) et d’hygrométrie.
Ce délai peut être porté à 72 heures ou plus en cas de temps froid, humide ou venteux, qui ralentissent l’hydratation du ciment. Un gobetis correctement séché se reconnaît au fait qu’il « arrache la peau » lorsqu’on y passe la main : les grains de sable doivent être solidement ancrés et résister à l’arrachement. Si des grains se détachent facilement, le gobetis n’est pas encore suffisamment résistant pour recevoir le corps d’enduit.
Erreurs fréquentes lors de la réalisation d’un gobetis au ciment
Un dosage trop riche en ciment est la première erreur à éviter. Il peut sembler logique de « forcer la dose » pour garantir une meilleure accroche, mais au-delà de 600 kg de ciment par m³ de sable, le mortier devient trop rigide et génère des tensions internes importantes lors du retrait au séchage.
Ces tensions se traduisent par des fissures en réseau, appelées faïençage, qui apparaissent dans les jours ou semaines suivant l’application et fragilisent l’ensemble du système d’enduit. Le dosage recommandé par le DTU 26.1 est un équilibre précis entre résistance et souplesse, qu’il convient de respecter scrupuleusement.
Un excès d’eau de gâchage est la deuxième erreur classique. Ajouter trop d’eau pour faciliter la projection rend certes le mortier plus maniable, mais dilue la pâte de ciment et réduit considérablement la résistance finale du gobetis.
Un rapport eau/ciment supérieur à 0,6 entraîne une porosité accrue, une résistance à l’arrachement insuffisante et un risque de décollement du corps d’enduit. La consistance doit être ajustée par le dosage en eau de gâchage et non par un ajout d’eau après mélange.
Une épaisseur excessive en une seule passe constitue enfin le troisième piège majeur. Chercher à appliquer un gobetis de 8 ou 10 mm en une seule projection, pour rattraper des irrégularités de support, est une erreur technique grave.
Au-delà de 5 mm, le mortier n’adhère plus suffisamment à sa propre masse et risque de se décrocher avant même d’avoir séché.
Si le support présente des défauts importants, il convient de les corriger en amont par ragréage, puis d’appliquer le gobetis dans l’épaisseur technique recommandée de 4 à 5 mm, en laissant sécher entre chaque passe si nécessaire.
Ajuster le dosage aux conditions du chantier
Quel rapport ciment-sable retenir ?

Le dosage de référence du gobetis au ciment et au sable, tel que préconisé par le NF DTU 26.1, est de 500 à 600 kg de ciment CEM I ou CEM II par m³ de sable sec 0/4, avec un rapport eau/ciment d’environ 0,5.
Cela correspond à environ 1 volume de ciment pour 2 à 3 volumes de sable, avec suffisamment d’eau pour obtenir une consistance fluide mais pas liquide.
Ce dosage s’applique aux supports courants en parpaing et en brique de terre cuite industrielle. Pour les supports en granulats légers ou les vieux murs, des dosages adaptés, notamment avec de la chaux hydraulique, sont à privilégier.


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