Lorsqu’un joint se fissure, noircit ou se décolle, l’humidité peut s’infiltrer et fragiliser la pose. Faut-il pour autant retirer toute l’épaisseur avant de rejointoyer ?
Pourquoi retirer les joints de carrelage ?
Joints fissurés, noircis ou décollés

Un joint de carrelage remplit avant tout un rôle d’étanchéité et de protection des bords de carreaux. Lorsqu’il commence à fissurer, à noircir en profondeur malgré les nettoyages répétés, ou à se décoller par endroits, il ne remplit plus sa fonction correctement.
L’humidité s’infiltre alors sous les carreaux, favorisant le développement de moisissures dans les zones humides comme la salle de bains ou la cuisine, et fragilisant progressivement la colle de pose.
Dans ce cas, un simple nettoyage ou un rejointoiement par-dessus l’ancien joint ne suffit pas : le nouveau matériau n’adhérerait pas correctement sur un support dégradé, et les défauts réapparaîtraient en quelques mois. La seule solution durable consiste donc à enlever du joint de carrelage jusqu’au fond du sillon, afin de repartir sur une base saine.
Avant un rejointoiement ou une rénovation
Même lorsque le joint n’est pas encore totalement dégradé, il arrive que l’on souhaite changer sa couleur, passer à un joint époxy plus résistant, ou tout simplement rénover l’aspect général d’une pièce sans remplacer les carreaux.
Dans ce cas aussi, la dépose de l’ancien joint s’impose : appliquer un nouveau produit sur un joint existant, même propre, donne un résultat épais, irrégulier et peu durable.
La profondeur du sillon doit être suffisante, généralement entre 3 et 6 mm, pour que le nouveau joint accroche sur les flancs des carreaux et assure une finition homogène. C’est cette préparation rigoureuse qui conditionne la tenue dans le temps et limite les risques de décollements prématurés.
Les outils pour enlever les joints de carrelage
| Outil | Usage recommandé | Avantages | Limites |
|---|---|---|---|
| Grattoir à joints manuel | Petites surfaces, reprises localisées, angles | Précision maximale, pas de risque de surchauffe, silencieux | Fatigant sur grandes surfaces, lent |
| Grattoir oscillant électrique (multitool) | Grandes surfaces, joints ciment ou mortier | Rapide, régulier, lames interchangeables | Risque de rayer si mal guidé, bruit et poussière |
| Décapeur thermique | Joints souples, silicone, époxy | Ramollit sans gratter mécaniquement | Vapeurs possibles, risque de surchauffe du carreau |
| Produits chimiques décapants | Résidus fins, joints époxy, finitions | Agit sans effort mécanique | Temps de pose long, nécessite rinçage soigneux |
Le grattoir à joints manuel
Le grattoir à joints manuel, parfois appelé grattoir à déjointer, est l’outil de référence pour comment gratter des joints de carrelage en toute sécurité.
Il se présente sous la forme d’un manche ergonomique équipé d’une ou plusieurs lames en carbure de tungstène, un matériau extrêmement dur qui attaque le mortier de jointoiement sans glisser sur l’émail.
Son principal atout est la maîtrise totale du geste : on sent immédiatement si l’on dérape vers le bord d’un carreau, ce qui permet de corriger la trajectoire avant d’abîmer la surface.
Pour les reprises localisées, les angles de pièce ou les carreaux fragiles comme la faïence murale fine, cet outil reste souvent le plus sûr, même s’il demande un certain effort physique sur de longues distances.
Le grattoir oscillant électrique

Lorsque la surface à traiter dépasse quelques mètres linéaires, le grattoir oscillant électrique, également appelé outil multifonctions ou multitool, devient un allié précieux pour enlever les joints de carrelage rapidement et régulièrement.
Équipé d’une lame de scie segment adaptée à la largeur du joint, il travaille par vibrations rapides dans l’axe du sillon, découpant le mortier sans percussion brutale.
La clé d’une utilisation réussie réside dans la régularité du déplacement : on avance lentement, par passes de 30 à 50 cm, en maintenant la lame strictement dans l’axe du joint et sans appuyer excessivement sur les bords des carreaux.
Bosch, Makita ou Einhell proposent des modèles grand public tout à fait adaptés à cet usage, avec des lames de rechange disponibles en grande surface de bricolage.
Le décapeur thermique pour joints souples et silicone

Dans la pratique, le décapeur thermique occupe une place à part dans la panoplie des outils pour enlever joint de carrelage, car il n’agit pas mécaniquement mais par la chaleur.
En ramollissant le matériau, qu’il s’agisse de silicone, de mastic souple ou de joint époxy, il aide à le retirer ensuite avec une spatule ou un grattoir plastique sans risquer d’érafler l’émail.
La technique consiste à maintenir l’embout à une distance de 5 à 10 cm de la surface, en déplaçant l’appareil en continu pour éviter de concentrer la chaleur au même endroit, ce qui pourrait provoquer un choc thermique sur le carreau ou dégager des vapeurs indésirables.
Cette méthode est très efficace sur les joints de douche et de baignoire, où le silicone a tendance à se rétracter plutôt qu’à se découper proprement.
Les produits chimiques décapants
Les produits chimiques décapants constituent la quatrième option, souvent sous-estimée mais très utile pour les finitions ou les cas difficiles. Il existe des gels spécifiques pour joints époxy, des dissolvants pour silicone et des décapants acides pour mortier de jointoiement durci.
Le principe est simple : on applique le produit sur le joint, on laisse agir le temps indiqué par le fabricant, généralement entre 15 et 30 minutes, puis on gratte les résidus ramollis avec un outil plastique ou un grattoir souple.
Cette méthode est particulièrement indiquée pour comment enlever du joint de carrelage sec qui résiste aux outils mécaniques, ou pour nettoyer les résidus fins après un grattage manuel. Elle nécessite cependant une bonne ventilation de la pièce et un rinçage soigneux de la surface avant tout rejointoiement.
Comment retirer des joints de carrelage sec : méthode manuelle
La méthode manuelle reste la plus accessible pour un particulier souhaitant enlever un joint de carrelage sans investir dans du matériel électrique coûteux. Elle demande de la patience et de la méthode, mais elle offre un contrôle que les outils motorisés ne peuvent pas toujours garantir, surtout sur des carreaux anciens ou fragiles.
Gratter les joints étape par étape
La technique de grattage manuel repose sur une progression méthodique que l’on peut résumer en trois temps.
Dans un premier temps, on positionne la lame du grattoir dans l’axe exact du joint, jamais en biais, et l’on exerce une pression modérée pour créer un premier sillon superficiel sur toute la longueur à traiter. Ce premier passage ne cherche pas à enlever tout le joint d’un coup : il s’agit simplement de marquer la trajectoire et de commencer à désagréger le mortier en surface.
Dans un deuxième temps, on repasse sur ce sillon en appuyant un peu plus, en travaillant par mouvements courts et réguliers de 10 à 15 cm, jusqu’à atteindre une profondeur de 3 à 5 mm.
Dans un troisième temps, on nettoie régulièrement la lame et on aspire les résidus pour voir clairement la progression du sillon et éviter que la poussière accumulée ne masque un éventuel dérapage vers l’arête du carreau.
C’est cette progression en trois passes, sillon léger, approfondissement, nettoyage, qui permet de retirer joint carrelage proprement sans abîmer les carreaux adjacents.
Enlever les joints de carrelage à la machine
Régler la profondeur pour ne pas rayer le carrelage
La première précaution avant de mettre l’outil en marche est de vérifier que la lame est adaptée à la largeur du joint. Une lame trop large dépassera inévitablement sur les bords des carreaux et les rayera, une lame trop étroite ne retirera qu’une partie du joint et obligera à repasser plusieurs fois.
La plupart des fabricants proposent des lames de scie segment en plusieurs largeurs, 1 mm, 2 mm, 3 mm, pour s’adapter aux différents types de joints. Une fois la lame choisie, on règle la vitesse de l’outil sur un niveau modéré : une vitesse trop élevée génère de la chaleur par friction, ce qui peut provoquer des micro-fissures dans l’émail des carreaux.
On commence toujours par un test sur une zone peu visible, un angle, derrière un meuble, pour s’assurer que le réglage est correct avant d’attaquer les zones apparentes. La profondeur de travail visée reste la même qu’en manuel : 3 à 5 mm suffisent pour garantir l’accroche du nouveau joint, et il n’est jamais utile d’aller jusqu’au support.
Cas particuliers
Enlever un joint époxy
Le joint époxy est plus résistant qu’un joint ciment classique et demande davantage de temps. Utilisez d’abord l’outil recommandé par le fabricant du mortier.
La chaleur ou un décapant spécifique peut endommager certains carreaux, supports ou finitions; testez donc une zone discrète et ventilez la pièce. Retirez le matériau ramolli par petites zones sans diriger une lame métallique vers l’émail.
Erreurs fréquentes

Une première erreur fréquente est de négliger la protection en ne portant pas de lunettes de sécurité ou en travaillant sans aspirer régulièrement les résidus. Les éclats de mortier peuvent atteindre les yeux à plusieurs mètres de distance, et la poussière accumulée dans le sillon masque la progression du travail, augmentant le risque de dérapage.
La deuxième erreur, et la plus coûteuse, consiste à gratter trop profondément dès la première passe. Un sillon régulier de 3 à 4 mm suffit généralement pour l’accroche du nouveau mortier, sans atteindre le support. Contrôlez aussi que les carreaux restent solidaires avant d’humidifier ou de rejointoyer.
Après dépoussiérage, refaites les joints avec un produit compatible avec la pièce et le carreau. Sur un mur, les étapes de réalisation des joints de carrelage mural permettent de retrouver une largeur régulière sans surcharger les bords.


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