Vous envisagez de réaliser des travaux de maçonnerie chez vous ? Que ce soit pour monter un mur, sceller des pierres ou réaliser une chape de béton, le mortier est un élément clé de toute construction.
Pourtant, beaucoup se posent des questions sur sa préparation. Comment faire du mortier ? Quel dosage adopter ? Quels matériaux utiliser pour obtenir un mortier de qualité ?
Les différents types de mortier
Avant de se plonger dans la préparation proprement dite, il est crucial de connaître les différents types de mortier disponibles et leurs usages spécifiques.
En maçonnerie, on distingue principalement le mortier de ciment, le mortier de chaux et le mortier bâtard.
Le mortier de ciment est précisément celui que l’on utilise pour les travaux requérant une forte résistance.
Il est composé de ciment, de sable et d’eau. Ce type de mortier est particulièrement adapté pour sceller des pierres ou des briques.
Le mortier de chaux est plus flexible et respirant que le mortier de ciment. Il est souvent employé pour les travaux de rénovation de bâtiments anciens.
Ce mortier inclut de la chaux, du sable et de l’eau. La chaux confère au mortier une certaine souplesse et permet à la structure de respirer, ce qui est idéal pour les bâtiments historiques.
Le mortier bâtard combine les avantages des deux précédents. Il est composé de ciment, de chaux, de sable et d’eau.
Ce mélange permet d’obtenir un mortier à la fois résistant et flexible, adapté pour divers types de travaux.
Le prix des composants d’un mortier

Ciment
Le ciment servant de liant principal dans la préparation des mortiers, il est l’ingrédient clé. Parmi les marques les plus reconnues, on trouve Lafarge, Cemex, et Holcim.
De manière générale, un sac de ciment de 35 kg coûte entre 7 et 12 euros. Un sac de ciment Lafarge CEM II coûte par exemple 8 euros environ.
Ces prix peuvent être plus élevés pour des ciments spécialisés, comme ceux résistant aux sulfates ou ceux à prise rapide.
Sable
Le sable est un autre composant essentiel du mortier, car utilisé pour donner du volume et de la consistance.
Les types de sable diffèrent selon leur granulométrie ou finesse et leur pureté. Un sac de sable de 35 kg coûte en moyenne entre 3 et 5 euros.
Si l’on achète du sable en vrac, le coût peut baisser à 30-50 euros/m3 environ. Il faut noter que la qualité du sable, notamment la propreté et l’absence d’impuretés, peut impacter le prix.
Chaux
Parmi les marques populaires de chaux, on trouve Saint-Astier et Socli. Le prix de la chaux hydraulique naturelle, en sac de 35 kg, varie entre 15 et 25 euros selon la qualité et l’application. Un sac de chaux Saint-Astier NHL 3.5 coûte par exemple 17 euros environ.
Le dosage des matériaux
Le secret d’un bon mortier réside dans le dosage des matériaux utilisés.
Que ce soit du ciment, de la chaux ou un mélange des deux, l’important est de respecter les proportions pour garantir la qualité et la durabilité de votre construction.
Pour un mortier de ciment, la recette classique est d’utiliser une proportion de 1 volume de ciment pour 3 volumes de sable.
Ajoutez ensuite de l’eau jusqu’à obtenir une consistance pâteuse, mais pas liquide.
Par exemple, pour un sac de 35 kg de ciment, il faut environ 105 kg de sable et 17 à 18 litres d’eau.
Pour un mortier de chaux, la proportion est généralement de 1 volume de chaux pour 2 à 3 volumes de sable.
La quantité d’eau variera en fonction de la consistance désirée. Plus la chaux est hydratée, moins vous aurez besoin d’ajouter d’eau.
Le mortier bâtard suit une proportion de 1 volume de ciment pour 1 volume de chaux et entre 4 et 5 volumes de sable.
L’eau est ajoutée progressivement jusqu’à obtenir une consistance homogène.
La préparation du mortier
Une fois les matériaux dosés, il est temps de passer à la préparation du mortier.
Vous pouvez choisir d’utiliser soit une bétonnière, soit une simple auge et une truelle, en fonction de la quantité de mortier dont vous avez besoin.

Si vous optez pour la bétonnière, commencez par y verser une petite quantité d’eau pour éviter que les matériaux ne collent aux parois. Ajoutez ensuite le sable, puis le ciment ou la chaux.
Enfin, versez progressivement le reste de l’eau tout en laissant tourner la bétonnière jusqu’à obtenir un mélange homogène.
Pour une préparation manuelle, commencez par mélanger le sable avec le ciment ou la chaux à sec, à l’aide d’une pelle.
Formez une sorte de cratère au centre et versez-y progressivement l’eau tout en mélangeant jusqu’à obtenir la consistance désirée.
Les erreurs à éviter
Préparer du mortier peut sembler simple, mais certaines erreurs peuvent compromettre la qualité de votre travail.
Voici quelques erreurs courantes à éviter :
- Trop ou pas assez d’eau : Un mortier trop liquide ne tiendra pas bien, tandis qu’un mortier trop sec sera difficile à travailler. Respectez les dosages d’eau.
- Mélange insuffisant : Un mauvais mélange peut entraîner des zones faibles dans votre construction. Prenez le temps de bien mélanger les matériaux jusqu’à obtenir une pâte homogène.
- Utilisation de mauvais matériaux : Assurez-vous d’utiliser du sable propre et adapté à la maçonnerie. Le sable doit être exempt de matières organiques et de sel.
- Non-respect des dosages : Respecter les proportions est crucial pour obtenir un mortier de qualité. Ne tentez pas de « faire à l’œil ».
Application du mortier
Une fois votre mortier prêt, il est temps de l’appliquer. Le mortier doit être utilisé rapidement après sa préparation pour éviter qu’il ne sèche. Utilisez une truelle pour appliquer le mortier sur les surfaces à lier.
Si vous travaillez avec des briques, veillez à bien répartir le mortier sur toute la surface de la brique avant de la poser.
Pour les travaux de scellement, le mortier doit être appliqué en couche épaisse pour garantir une bonne adhérence.
Pour les chapes, étalez le mortier de manière uniforme, à l’aide d’une règle de maçon, afin d’obtenir une surface plane.


Vous devez être connecté pour poster un commentaire.