Comment construire un puits dans son jardin ?

Avec les préoccupations croissantes liées à l’environnement et à la gestion de l’eau, avoir son propre puits dans son jardin peut se révéler une solution écologique et économique.

Que ce soit pour l’usage domestique, l’arrosage des plantes ou simplement pour la décoration, un puits peut apporter une véritable plus-value à votre maison.

Pourquoi construire un puits dans votre jardin ?

Un puits bien réalisé peut devenir une source précieuse d’eau potable ou d’eau de pluie et offrir une certaine indépendance vis-à-vis des réseaux publics.

C’est une solution idéale pour ceux qui souhaitent réduire leur facture d’eau, tout en adoptant une démarche écologique.

En matière de coût, l’eau extraite d’un puits est gratuite, hormis les frais de construction et d’entretien de l’ouvrage.

En revanche, il est crucial de vérifier la qualité de l’eau souterraine pour vous assurer qu’elle est propre à l’usage domestique.

En fonction de votre terrain et de la nappe phréatique, un puits peut également offrir un débit constant, même en période de sécheresse.

Les différents types de puits

Quand on parle de puits, on peut se référer à plusieurs types d’ouvrages destinés à l’extraction de l’eau.

Chaque type de puits répond à des besoins spécifiques et dépend de la profondeur de la nappe phréatique et de la nature du sol.

Le puits traditionnel

Le puits traditionnel est le plus commun. Il est généralement peu profond (jusqu’à 10-15 mètres) et capte les eaux de surface.

Il est souvent creusé à la main et nécessite une construction en pierres ou en béton pour renforcer ses parois.

Ce type de puits convient surtout pour l’arrosage des jardins et les usages non domestiques.

Le puits artésien

Le puits artésien, quant à lui, capte les eaux souterraines sous pression. Il peut être beaucoup plus profond (jusqu’à plusieurs centaines de mètres).

Le forage d’un puits artésien est plus complexe et nécessite l’intervention de professionnels. Ce type de puits est idéal pour obtenir une eau potable de qualité.

Le puits de forage

Le puits de forage est une autre option. Il s’agit d’une technique où l’on fore le sol à l’aide d’une foreuse mécanique pour atteindre des nappes phréatiques plus profondes.

Cela permet d’obtenir un débit d’eau plus important et constant. Ce type de puits est souvent équipé d’une pompe pour remonter l’eau à la surface.

Les démarches administratives

Avant de commencer les travaux de construction de votre puits, vous devez impérativement vous renseigner sur les réglementations en vigueur.

En France, la création d’un puits est soumise à différentes déclarations et autorisations.

Déclaration préalable

Pour la plupart des puits, une déclaration préalable doit être faite auprès de la mairie de votre commune.

Cette démarche permet de vérifier que votre projet respecte les normes locales et ne porte pas atteinte à l’environnement.

La déclaration doit inclure des informations sur la localisation de votre maison, la profondeur envisagée et le type de sol.

Déclaration d’ouvrage

Lorsque vous envisagez de creuser un puits de plus de 10 mètres de profondeur ou de réaliser un forage, une déclaration d’ouvrage est souvent nécessaire.

Cette déclaration doit être faite auprès de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL).

Elle permet de garantir que votre projet ne compromet pas les ressources en eau souterraine.

Respect des normes sanitaires

Si vous comptez utiliser l’eau de votre puits pour un usage domestique, il est crucial de respecter les normes sanitaires.

L’eau doit être analysée pour vérifier qu’elle est exempte de contaminants.

Vous devrez peut-être installer des systèmes de traitement pour garantir une eau potable de qualité.

Le processus de construction

La construction d’un puits est un projet à plusieurs étapes qui nécessite de la préparation et des compétences spécifiques.

Évaluation du terrain

Avant de commencer, il est essentiel d’évaluer votre terrain pour déterminer la faisabilité du projet.

Un expert en géologie ou un hydrologue peut vous aider à repérer d’éventuelles nappes phréatiques et à déterminer la profondeur idéale de votre puits.

Choix de l’emplacement

Le choix de l’emplacement est crucial. Il doit être éloigné de toute source possible de contamination comme les fosses septiques, les décharges et les zones agricoles.

L’emplacement doit également permettre un accès facile pour l’installation des équipements nécessaires (pompe, systèmes de traitement, etc.).

Début des travaux

Les travaux peuvent alors commencer. Si vous optez pour un puits traditionnel, vous pouvez envisager de le creuser vous-même, bien que cela soit physiquement exigeant.

Pour un puits de forage ou un puits artésien, il est recommandé de faire appel à des professionnels équipés de matériel de forage spécialisé.

Installation de la pompe

Une fois que l’eau est atteinte, il est temps d’installer la pompe pour remonter l’eau à la surface.

Le choix de la pompe dépend de la profondeur du puits et du débit d’eau souhaité.

Pompe de surface

Les pompes de surface sont adaptées aux puits peu profonds, jusqu’à 8 mètres de profondeur en général. Elles sont placées en dehors du puits, à proximité de la source d’eau, et aspirent l’eau pour la remonter à la surface. Ce type de pompe est souvent utilisé pour arroser le jardin ou alimenter des systèmes d’irrigation.

On en cite :

  • Grundfos JPC 4 : pompe de surface autoamorçante, idéale pour l’arrosage domestique, et accessible à 150 à 250 euros environ selon le modèle et la capacité.
  • Gardena 3000/4 Classic : connue pour sa facilité d’utilisation et adaptée aux petits puits. Elle coûte 100 à 150 euros environ.

Pompe immergée

Les pompes immergées, comme leur nom l’indique, sont plongées directement dans l’eau du puits. Elles sont particulièrement efficaces pour les puits plus profonds de 10 à 50 mètres, voire plus. Elles sont souvent utilisées pour des usages plus intensifs, comme l’alimentation en eau potable d’une maison ou l’irrigation de grandes surfaces. Ces tâches nécessitent en effet une pompe immergée robuste.

On en cite :

  • Grundfos SP : connu pour sa fiabilité, ce modèle peut être utilisé dans des puits profonds pour des applications domestiques ou agricoles. Il est proposé entre 800 et 2000 euros environ selon la profondeur et le débit souhaité.
  • Dab S4CPE : pompe immergée performante, souvent utilisée pour des puits de 20 à 30 mètres. Elle coûte 600 à 1200 euros environ.

Pompe à éolienne ou solaire

Les pompes à énergie renouvelable, à éolienne ou solaire, constituent une solution écologique pour extraire l’eau d’un puits, surtout dans les zones éloignées sans accès régulier à l’électricité. Ces systèmes sont généralement plus coûteux à l’achat, mais offrent des économies à long terme en matière d’énergie.

On en cite :

  • Lorentz PS2-100 (solaire) : pompe immergée fonctionnant à l’énergie solaire, souvent utilisée pour des puits profonds et dans des régions ensoleillées. Elle est disponible entre 1500 et 3000 euros environ.
  • Solariver Solar Water Pump : petite pompe solaire, adaptée aux petits jardins et à des puits peu profonds, disponible entre 500 à 1000 euros environ.

Vous pouvez opter pour une pompe manuelle ou automatique selon vos besoins.

Pour des puits peu profonds (jusqu’à environ 7-8 mètres), les pompes manuelles représentent en effet un choix simple et économique. Elles ne nécessitent pas d’électricité et sont particulièrement adaptées à une utilisation occasionnelle ou dans des zones où l’alimentation électrique est limitée.

On en cite :

  • Pompe à main Volanta : fabriquée en fonte, elle est robuste et adaptée pour des petits besoins en eau. On la trouve entre 150 à 300 euros dans les magasins spécialisés.
  • Puitsan Manuel Standard : une solution abordable pour des besoins simples, avec un design traditionnel. Elle est vendue entre 100 et 250 euros.

Traitement et usage de l’eau

Si l’eau de votre puits est destinée à un usage domestique, elle doit être traitée pour garantir qu’elle est propre à la consommation.

Vous pouvez installer des systèmes de filtration et de traitement pour éliminer les bactéries, les virus et autres contaminants.

Les coûts à prévoir

Le prix de la construction d’un puits peut varier considérablement en fonction du type de puits, de la profondeur et des équipements nécessaires. Voici une estimation des coûts à prévoir.

Coûts de forage

Le forage d’un puits traditionnel peut coûter entre 1 000 et 3 000 euros. Pour un forage plus profond, les coûts peuvent grimper jusqu’à 10 000 euros ou plus.

Le prix du forage dépend généralement de la profondeur et de la nature du sol.

Coûts des équipements

L’installation d’une pompe peut coûter entre 500 et 2 000 euros, selon le type de pompe et la profondeur du puits.

Les systèmes de filtration et de traitement de l’eau peuvent ajouter entre 500 et 1 500 euros à la facture.

Coûts d’entretien

L’entretien régulier de votre puits est essentiel pour garantir la qualité de l’eau et la durabilité de l’ouvrage.

Les coûts d’entretien peuvent varier entre 100 et 500 euros par an, en fonction du type de puits et des équipements installés.