Les joints de carrelage sont l’une des zones les plus difficiles à maintenir propres dans toute la maison. Leur texture poreuse et leur position en creux entre les carreaux en font des pièges à saleté, à calcaire et à moisissures. J’ai vu des salles de bain impeccables transformées en chantier catastrophique par des joints noirs que même une heure de frottage n’arrivait pas à nettoyer. Comprendre pourquoi les joints noircissent est la première étape pour s’en débarrasser efficacement.
Il y a trois ennemis principaux des joints de carrelage :
- Les moisissures : dans les pièces humides comme la salle de bain, la douche ou la cuisine, l’humidité persistante favorise le développement de champignons microscopiques qui donnent ces taches noires ou verdâtres si caractéristiques. Les joints à base de ciment sont particulièrement poreux et absorbent l’humidité avant de la relâcher lentement, créant un environnement idéal pour les moisissures.
- Le calcaire : dans les régions à eau dure, le calcaire se dépose sur et entre les carreaux après chaque passage d’eau. Il forme une croûte blanchâtre qui s’incruste progressivement dans les joints et les opacifie. Le calcaire seul ne noircit pas les joints mais il en altère la surface et facilite l’accroche des salissures grasses.
- La saleté grasse : en cuisine particulièrement, les projections d’huile et de graisses de cuisson se déposent sur les joints du crédence et s’y incrustent. Combinées à la poussière, elles forment un film gras et sombre qui s’assombrit avec le temps.
Le truc que personne ne dit c’est que la fréquence d’entretien est plus importante que l’intensité. Nettoyer rapidement et régulièrement est bien plus efficace que de laisser s’accumuler les salissures pendant six mois avant de s’attaquer au problème avec des produits forts.
Les méthodes naturelles pour nettoyer les joints

Avant de sortir les produits chimiques, il vaut toujours la peine d’essayer les solutions naturelles. Elles sont moins agressives pour les joints, moins nocives pour la santé et souvent aussi efficaces sur les saletés ordinaires.
Le bicarbonate de soude
Le bicarbonate de soude est mon produit de base pour les joints légèrement encrassés. Sa texture légèrement abrasive et ses propriétés alcalines permettent de décoller les salissures sans abîmer le joint. La technique est simple : faites une pâte avec du bicarbonate et un peu d’eau (consistance dentifrice), appliquez avec une vieille brosse à dents sur les joints et laissez agir 5 à 10 minutes. Frottez en petits mouvements circulaires puis rincez abondamment à l’eau claire.
Pour les joints de cuisine avec dépôts graisseux, mélangez le bicarbonate avec du liquide vaisselle concentré pour améliorer l’effet dégraissant. Cette combinaison attaque à la fois les graisses et les salissures ordinaires en une seule application.
Le vinaigre blanc
Le vinaigre blanc dilué (50% vinaigre, 50% eau) est excellente contre le calcaire. Son acidité dissout les dépôts calcaires en quelques minutes. Appliquez avec un spray, laissez agir 5 à 15 minutes selon l’épaisseur du dépôt, puis frottez à la brosse et rincez.
Attention : le vinaigre blanc est déconseillé sur les joints à base de résine époxy et sur les carrelages en pierre naturelle (marbre, travertin, calcaire). Pour ces matériaux, préférez un nettoyant doux spécifique pierre naturelle. J’ai vu des bricoleurs du dimanche faire cette erreur et endommager irrémédiablement le joint ou même le carreau en utilisant du vinaigre sur du marbre.
L’eau oxygénée
L’eau oxygénée à 3% (disponible en pharmacie) est particulièrement efficace contre les moisissures et les taches biologiques. Appliquez directement sur le joint, laissez agir 20 à 30 minutes puis frottez. L’effet blanchissant est notable sur les joints blancs qui ont jauni ou noirci. Pour les joints de couleur (gris, beige), testez d’abord sur une zone peu visible car l’eau oxygénée peut légèrement décolorer certains joints teintés.
Le jus de citron
Moins puissant que le vinaigre mais agréablement parfumé, le jus de citron fonctionne bien en entretien régulier contre le calcaire léger. Frottez directement avec un demi-citron sur les joints, laissez agir quelques minutes et rincez. C’est une méthode douce qui peut s’utiliser sur presque tous les types de joints et de carrelages.
Les produits chimiques pour les cas difficiles

Quand les méthodes naturelles ne suffisent plus, il faut passer aux produits chimiques spécialisés. Plusieurs gammes existent selon le type de problème à traiter.
Les antimoisissures
Les produits antimoisissures contiennent généralement de l’hypochlorite de sodium (eau de Javel) ou des agents fongistatiques. Les sprays antimoisissures type HG Spray antimoisissures ou Rubson antimoisissures agissent directement sur les champignons et les neutralisent. Appliquez, laissez agir le temps recommandé par le fabricant (généralement 15 à 30 minutes) puis rincez abondamment.
Ces produits sont efficaces mais doivent être utilisés avec précaution : portez des gants, aérez la pièce et ne mélangez jamais l’eau de Javel avec du vinaigre (dégagement de chlore gazeux dangereux).
Les dégraissants puissants
Pour les joints de cuisine très graisseux, des dégraissants alcalins concentrés comme le savon de Marseille liquide ou les nettoyants professionnels à base de soude caustique diluée permettent de venir à bout des accumulations grasses les plus tenaces. Ces produits s’appliquent dilués (suivez les dosages indiqués) et nécessitent un rinçage complet pour éviter les résidus.
La brosse électrique
L’outil qui change vraiment le résultat, c’est la brosse électrique pour joints. Ces appareils (type OXO Good Grips, Black+Decker JSH3) ont des têtes d’attaque en nylon dur qui tournent rapidement et attaquent mécaniquement la saleté dans les joints. Associée à un produit nettoyant classique, une brosse électrique réduit par trois le temps de nettoyage par rapport à une brosse à dents manuelle. Comptez 20 à 50 euros pour un modèle correct.
Le nettoyage à la vapeur
Le nettoyeur vapeur est l’une des meilleures solutions pour les joints encrassés, surtout en salle de bain. La vapeur à haute température (130 à 180°C) détruit les bactéries et les moisissures sans aucun produit chimique, ce qui en fait une option idéale pour les foyers avec enfants en bas âge ou des personnes allergiques.
Le principe : on passe la buse vapeur directement sur les joints en insistant quelques secondes sur chaque centimètre. La vapeur décolle la saleté et la tue. On éponge ensuite avec un chiffon microfibre ou on rince à l’eau. Un nettoyeur vapeur à main coûte entre 30 et 80 euros et peut servir dans toute la maison (plan de cuisson, induction, vitres, joints de fenêtres). C’est un investissement polyvalent que je recommande à tous mes clients.
Attention à ne pas insister trop longtemps avec la vapeur sur les joints anciens ou fragilisés : la chaleur peut ramollir les joints vieillissants et les décoller partiellement. Si vos joints sont abîmés, envisagez plutôt de les remplacer.
Quand rejointoyer plutôt que nettoyer
Il y a des cas où le nettoyage ne suffit plus. Si vos joints sont fissurés, décollés, effrités ou tellement colorés par les moisissures que le nettoyage ne les blanchit plus, il est temps de rejointoyer.
Le renouvellement des joints se fait en trois étapes. D’abord, on retire l’ancien joint à l’aide d’un grattoir de joint (ou d’un multi-outil à lame adaptée) en veillant à ne pas rayer les carreaux. Ensuite, on nettoie l’espace libéré avec une brosse et on dépoussière. Enfin, on applique le nouveau joint en forçant la pâte dans l’interstice avec un racloir en caoutchouc, on lisse la surface et on éponge l’excédent avant séchage complet.
Le choix du type de joint est important. Pour une salle de bain ou une douche, optez pour un joint époxy qui est imperméable et résistant aux moisissures. Pour une cuisine, un joint ciment de qualité avec additif hydrofuge peut suffire. Le joint époxy coûte plus cher (15 à 25 euros le kilo) mais dure deux à trois fois plus longtemps qu’un joint ciment standard.
Fréquence d’entretien recommandée
La meilleure façon d’éviter les gros chantiers de nettoyage est d’adopter une routine d’entretien préventif. Voici les fréquences que je recommande selon les pièces :
- Douche et baignoire : passage à la raclette après chaque utilisation pour éliminer l’excédent d’eau, nettoyage léger des joints une fois par semaine avec un spray multiusage, nettoyage approfondi une fois par mois
- Cuisine (crédence) : nettoyage après chaque cuisson grasse, dégraissage approfondi une fois par semaine
- Sol carrelé : lavage à la serpillière avec un nettoyant neutre dilué une fois par semaine, nettoyage ciblé des joints tous les trois mois
- Traitement antimoisissures préventif : une fois par an en salle de bain, en début d’automne avant la période humide
Une astuce que peu de gens appliquent mais qui change vraiment la donne : après avoir nettoyé des joints à neuf (ou après un rejointoiement), appliquez un imperméabilisant à joints. Ce produit, disponible en grande surface, pénètre dans la porosité du joint ciment et crée une barrière contre l’eau, le calcaire et les moisissures. Un flacon de 250 ml à 8 à 15 euros protège environ 10 à 20 m² de carrelage et réduit significativement la fréquence des nettoyages approfondis. Pour des carrelages spéciaux ou pour envisager un nouveau revêtement de sol, n’hésitez pas à consulter notre technique de pose de carrelage en diagonale qui donne toujours un résultat très élégant dans les pièces d’eau.


Vous devez être connecté pour poster un commentaire.