Notre guide sur le béton autoplaçant

Le béton autoplaçant (BAP) se définit comme le type de béton qui a la faculté de prendre place via la gravité uniquement. Cela est possible grâce à la grande fluidité du béton. Par ailleurs, les avantages qui en découlent sont nombreux, dont la capacité à s’adapter aux contraintes techniques prévalentes.

De plus, ces caractéristiques font que le remplissage des coffrages est plus facile, tout comme l’enrobage du ferraillage. Enfin, l’homogénéité des surfaces est meilleure. Voici un guide complet pour en savoir davantage sur le BAP.

Qu’est-ce que le béton autoplaçant ?

Le béton autoplaçant se caractérise donc avant tout par sa fluidité élevée, mais il faut également savoir qu’il est autocompactant. Cela signifie qu’il n’est plus nécessaire de le faire vibrer, comme c’est généralement le cas pour les autres types de béton. Par ailleurs, son aspect autoplaçant est avéré que ce soit pour une application verticale, telle un mur en béton banché, ou pour une application horizontale, à l’instar d’une dalle.

Néanmoins, lors d’une application horizontale, le terme le plus approprié est celui de béton autonivelant (BAN). D’autre part, la qualification d’autolissant n’est pas correcte, sachant qu’il est tout de même nécessaire de réaliser un lissage via l’utilisation d’une barre à débuller en fin du coulage pour obtenir une belle finition.

À noter que le BAP se présente encore comme un béton prêt à l’emploi (BPE) qui respecte la norme NF EN 206/CN. Sinon, il se trouve dans la classe de consistance S5, c’est-à-dire très fluide, qui se distingue par un étalement en cône d’Abrams qui est le plus souvent supérieur à 600 mm.

Si le béton autonivelant est particulièrement fluide, il n’en détient pas moins plusieurs propriétés mécaniques semblables au béton traditionnel, dont une bonne résistance à la compression. Il ne faut pas non plus oublier que ce type de béton est encore doté d’un haut niveau d’homogénéité. Enfin, la texture fine du BAP, ainsi que son apparence légèrement plastifiée lui confèrent un meilleur rendu esthétique que le béton traditionnel.

Quelles sont les différentes classes de consistance des BPE ?

Voici un bref aperçu des 5 classes de consistance des bétons prêts à l’emploi :

  • La classe S1 correspond à du béton ferme utilisé généralement dans le domaine de la voirie, tel du béton pour la chaussée.
  • La classe S2 se rapproche d’une consistance plastique et est associée à du béton destiné à un ouvrage en pente, comme la descente de garage.
  • La classe S3 fait référence à du béton de consistance très plastique qui n’est autre que le type de béton servant aux ouvrages courants, à l’instar des dalles et des poteaux.
  • La classe S4 constitue les bétons fluides qui facilitent la mise en place et c’est dans les centrales que l’ajout d’adjuvant est effectué.
  • La classe S5 comprend les bétons dits très fluides, dont les bétons autonivelants et autoplaçants.

Quels sont les autres types de bétons à connaître ?

S’il est possible de classer les différents types de béton selon leur consistance, d’autres critères peuvent également être pris en compte pour les distinguer. C’est notamment le cas de son type de masse volumique ou de sa résistance à la compression. En voici quelques exemples concrets.

Le béton léger se compose de granulats de faible densité (billes de polystyrène, copeaux de bois). Ce type de béton est certes moins résistant, mais est plébiscité pour être un bon isolant thermique et phonique. En revanche, le béton lourd a une densité plus élevée que le béton traditionnel. Cette fois-ci les granulats utilisés sont tout aussi spécifiques, tels l’hématite ou la magnétite. Le béton lourd sert essentiellement de protection contre les radiations existantes dans les salles de radiologie, entre autres.

Le béton fibré est associé à un béton classique auquel on a incorporé des fibres métalliques, organiques ou minérales. Il est, en outre, plus résistant à la flexion et à l’abrasion et se présente comme une alternative pertinente au béton armé. On peut encore citer le cas du béton ciron qui n’est autre qu’un mortier qui a été teinté à l’aide d’un pigment et qui a ensuite reçu un cirage en surface. Les professionnels de la décoration sont très friands de ce type de matériau.

Enfin, le béton lavé ou désactivé est du béton classique qui a décapé en surface avec un nettoyeur haute pression. Le but étant de retirer la couche de mortier superficiel en vue de faire apparaître les granulats. C’est surtout l’aspect esthétique du résultat final qui est ici recherché.

Quelles sont les disparités entre béton autoplaçant et béton autonivelant ?

Si les deux notions désignent bien le même type de matériau, une divergence demeure au sujet de leur application. En effet, lorsque le BAN est utilisé pour les structures horizontales, le BAP s’adresse à tout type d’ouvrage.

Voici un aperçu des applications spécifiques au BAN et au BAP :

  • Le béton autoplaçant sert à réaliser des poutres, des poteaux, des panneaux et voiles verticaux, des fondations (longrines, semelles isolées, semelles filantes), des blocs à bancher ou des escaliers en béton.
  • Le béton autonivelant est est plus propice à la construction d’une dalle ou d’un dallage, d’un radier, d’une terrasse, d’un plancher collaborant ou d’une plancher poutrelle-hourdis.

Quelle est la composition du béton autoplaçant ?

Comparé à un béton classique, le béton autoplaçant affiche un rapport gravillon/sable moins élevé qui cette fois-ci de l’ordre de 1. De plus, la quantité en gravillons et en granulats de petite taille, plus précisément entre 10 et 16 mm, est plus faible. Cela est fait de sorte à limiter les frottements et ainsi, à faciliter l’écoulement du BAP lors de sa mise en place.

Le dosage en liant, à savoir le mélange ciment et additions minérales, est quant à plus important, avoisinant 450 à 550 kg/m3. En d’autres termes, le volume de pâte est quant à lui plus élevé comparativement à ce qu’on pourrait avoir dans un béton classique. Tout est fait pour limiter le risque de ségrégation.

Ces caractéristiques aboutissent à un béton particulièrement fluide. Contrairement aux idées reçues, ce n’est donc pas un ajout important d’eau qui lui confère sa fluidité. Néanmoins, il s’agit toujours d’un matériau solide, d’où l’ajout de fines, telles que des cendres volantes ou des fillers calcaires, qui sont des minéraux millimétriques. Le but est ici d’avoir une certaine maniabilité du BAP.

Enfin, pour fabriquer le BAP, il est nécessaire d’utiliser un adjuvant superplastifiant, voire un agent de viscosité. Ceux-ci sont nécessaires pour garantir la fluidité spécifique de ce type de béton. Concrètement, le superplastifiant agit comme un défloculant ce qui entraîne une fluidification du mélange. En parallèle, ce type de produit offre une meilleure prise du béton. Certaines formules contiennent même un agent entraîneur d’air afin d’assurer une bonne stabilité du mélange. 

Quels sont les avantages concrets du BAP ?

Voici un aperçu des points forts du béton autoplaçant :

  • Sa faculté à s’autocompacter facilite grandement l’étape du coulage ce qui a pour effet de réduire le coût de la main d’œuvre durant l’opération.
  • Sa fluidité rend la tâche moins pénible, car le béton prend place aisément, c’est-à-dire qu’il y a à la fois une économie significative de temps et de main d’œuvre.
  • Sa fluidité est un facteur favorisant le remplissage des coffrages, notamment si ces derniers ont une forme assez complexe ou lorsque le ferraillage est important.
  • Ces caractéristiques jouent en faveur de la rapidité de la mise en œuvre, d’où une réduction significative du temps dédié au coulage.
  • Il offre aussi une très bonne planéité, sachant que l’écart ne dépasse pas les 2 mm sous une règle de 2 m et cela sous-entend la suppression du talochage, d’où la possibilité d’apposer directement du carrelage sans réaliser une œuvre intermédiaire, tel un ragréage autolissant ou autonivelant.
  • Il contribue également à réduire les risques d’accident tout en réduisant la circulation sur les chantiers et en limitant le nombre de points de déchargement.
  • Un meilleur enrobage et compactage garantit une plus grande durabilité de l’ouvrage.
  • Ce type de béton est plus dense et moins poreux.

Quelles sont les utilisations du BAP et comment le mettre en œuvre ?

Le béton autoplaçant est utilisé à différents effets, à savoir :

  • Pour la réalisation de plusieurs types de dalles, que ce soit pour un sol intérieur, pour une dalle de terrasse, pour un radier ou pour une dalle de compression.
  • Pour la réalisation une fondation superficielle, de type semelle isolée ou filante, tout comme une longrine.
  • Pour la réalisation d’une fondation profonde, tel un puits ou un pieux.
  • Pour la réalisation d’un mur, qu’il s’agisse d’un mur à bancher ou d’une voile en béton banché.
  • Pour la réalisation de poutres et de poteaux.

Concernant sa mise en œuvre, il faut néanmoins savoir que le BAP n’est pas adapté à être appliqué sur une surface horizontale dont la pente est supérieure à 1%. Pour les ouvrages en pente, il est préférable d’utiliser du béton de consistance S2, voire S1. Ce dernier est plus consistant que le béton traditionnel, ce qui lui permet de mieux tenir en place.

De surcroît, il est primordial de concevoir des coffrages assez résistants pour supporter la force de poussée du béton, sachant qu’il se met en place plus rapidement. L’étanchéité des coffrages est aussi un paramètres à améliorer en s’assurant que les orifices faisant plus de 2 mm soient impérativement colmatées. D’autant plus que l’eau stagnante doit être retirée des coffrages.

D’autres précautions sont encore à prendre, comme le fait d’éviter de limiter la hauteur de chute du béton frais. Il ne faut pas non plus rajouter d’eau dans le béton après lors du coulage. Sinon, il est recommandé d’effectuer le coulage en plusieurs points de déchargement dans le but d’obtenir une bonne répartition du béton.

Dans le cadre d’un ouvrage horizontal, le mieux est d’accompagner le béton à la pelle ou à la raclette pour aider sa répartition. Ne pas oublier d’appliquer un produit de cure à la surface du BAP dès que le coulage est terminé.

Quels sont les autres conseils à retenir pour réussir le coulage du BAP ?

Lorsqu’on opte pour du BAP prêt à l’emploi, au moment de la livraison, il faut s’assurer que le chauffeur du camion toupie continue à malaxer le matériau pour que ce dernier préserve sa consistance.

Lors du coulage du béton autonivelant, il est recommandé de faire des vagues en S avec le tuyau de la pompe tout en effectuant progressivement un déplacement vers l’arrière. Cette méthode permet au matériau de se répartir plus facilement tout en restant homogène. Pour rappel, la prise du BAP est identique à celle du béton classique.

Après le coulage, afin de garantir une bonne planéité de la surface, l’idéal est de se servir d’une barre à débuller. Ce n’est qu’après cette opération que le produit de cure est appliqué. En résumé, il est important de respecter les réglementations et la norme en vigueur que ce soit concernant l’épaisseur du béton, le coffrage ou la mise en place de joints de fractionnement.

Combien coûte le béton autonivelant ?

Le béton autonivelant est plus coûteux que le béton ordinaire. En effet, pour du BAN prêt à l’emploi qui est livré par camion toupie, il faut compter entre 120 et 150 €/m3, soit environ 15 à 18 €/m2 si la dalle fait 12 cm d’épaisseur

Plusieurs facteurs font évoluer le prix du béton autoplaçant, comme :

  • Le coût des matières premières varie selon la région.
  • Le dosage des composants, sachant notamment que le dosage en ciment repose sur la classe de résistance et la classe d’exposition qui ont été fixées.
  • La nécessité d’utiliser une pompe à béton si jamais le point de coulage est difficilement accessible.
  • L’ajout de composants supplémentaires au béton, tels des fibres synthétiques, un colorant ou un accélérateur.
  • La distance entre la centrale à béton et le point de coulage.
  • Le volume commandé joue également, compte tenu du fait qu’en dessous d’un certain seuil, les entreprises appliquent une majoration.

Si le béton BAP se révèle être intéressant pour un projet d’envergure, il n’est pourtant pas pertinent pour un coulage de petite surface.

Vous pouvez également consulter nos deux articles : « Quel est le prix d’une toupie en béton ? » et « Quelle est la composition du béton ? ».