Construire un mur de clôture n’est pas une tâche aisée. Pour que celle-ci soit parfaitement solide et durable, il faut notamment être rigoureux lors de la réalisation de la fondation.
Pour une clôture de 2 mètres de haut, quelles sont les alternatives pertinentes et quels sont les facteurs à considérer pour réussir un tel ouvrage ? Voici toutes les informations à connaître pour ne pas rater cette étape cruciale.
Quel est le rôle des fondations d’un mur de clôture ?

Les fondations d’un mur de clôture garantissent la stabilité de l’ouvrage et participent ainsi à limiter les risques d’effondrement. Concrètement, les fondations contribuent à répartir uniformément le poids de la clôture sur le sol. Par conséquent, la structure résiste mieux aux contraintes extérieures, dont la pression exercée par le vent et les intempéries.
À noter que la réalisation de fondations n’est pas obligatoire lors de la construction d’un mur de clôture. Elle est néanmoins recommandée lorsque la structure est lourde et en présence de contraintes, telles que le vent. Elle est encore nécessaire dans le cas où le sol est instable ou argileux.
En l’absence de fondation, le mur de clôture repose seulement sur le sol et ne bénéficie donc pas d’ancrage. De ce fait, l’ouvrage est particulièrement sensible au tassement du sol, ainsi qu’aux diverses actions climatiques. Cela le rend tout simplement fragile et moins durable.
Quels sont les différents types de fondations existants ?
On distingue deux principaux types de fondations, à savoir celles dites superficielles et celles qualifiées de profondes. La différence repose essentiellement sur la largeur et la profondeur de l’ouvrage souterrain.
Spécificités des fondations superficielles
Ce type de fondations est le plus courant. On peut les réaliser lorsque le terrain est assez porteur, c’est-à-dire quand le sol résistant se trouve à moins de 3 mètres de profondeur. La particularité des ces fondations est d’être peu profondes.
Elles sont réalisables lorsque la construction est légère. À titre d’exemple, elles sont adaptées pour soutenir une maison. Sinon, le processus à suivre pour entreprendre un tel ouvrage doit respecter le document technique unifié (DTU) 13.1.
Voici un aperçu des trois déclinaisons d’une fondation superficielle :
- La semelle isolée sert d’ancrage à un poteau, car destinée à supporter des charges concentrées. Elle est généralement de forme carrée ou ronde. On retrouve ce type d’ouvrage lorsqu’il est question de fondations d’un bâtiment à structure poteaux ou poutres. Il faut encore savoir que les semelles isolées sont le plus souvent accompagnées de longrines qui se présentent comme des poutres reliant ces semelles isolées.
- La semelle filante, aussi appelée semelle continue, s’étend pour sa part tout le long des murs porteurs. Elle sert de fondations aux maisons et autres murs en parpaing. Cette fois-ci la fondation supporte des descentes de charge non concentrées. Concernant ses dimensions, la longueur de l’ouvrage est généralement cinq fois plus importante que sa largeur, pour une largeur minimale de 40 cm. Une hauteur minimale est aussi préconisée, correspondante à l’équivalent de la différence entre la largeur de la fondation et l’épaisseur du mur.
- Le radier de fondation se réfère à une dalle porteuse continue faite en béton armé qui est directement coulée sur le sol. Il fait alors à fois office de d’assise pour toute la construction et de plancher bas. De plus, les charges sont réparties sur une plus grande surface comparativement à une semelle filante.
Particularités des fondations profondes
Il est conseillé de réaliser une fondation profonde dans le cas où le couche superficielle du sol est particulièrement compressible, c’est-à-dire lorsqu’on est en face d’un terrain tourbeux, sableux ou vaseux. Cela est aussi valable lorsque le sol ne dispose pas de portance suffisante pour supporter les charges de la construction. Ainsi, une fondation est qualifiée de profonde dès qu’elle est enterrée à plus de 3 m de la surface.
La réalisation de ce type de fondation est assez coûteuse. Elle est encore nécessaire pour la construction de structures importantes, dont les bâtiments dotés de plusieurs étages et les ouvrages relevant du génie civil. Le cahier des charges à suivre pour entreprendre une telle fondation est le DTU 13.2.
Voici les principaux types de fondations profondes :
- Les pieux s’apparentent à des fondations minces et élancées, dont le rôle est de transférer les charges en profondeur. Il s’agit d’une alternative à l’impossibilité de réaliser des fondations superficielles.
- Les micro-pieux ont un diamètre ne dépassant pas les 250 mm.
- Les puits sont, quant à eux, plus larges et moins profonds que les pieux.
Quel type de fondation choisir selon la hauteur du mur de clôture ?
Le choix du type de fondation repose essentiellement sur la hauteur du mur de clôture à construire. Retrouvez tous les éléments clés à considérer suivant le cas de figure.
Mur de hauteur basse
Dans le cas d’un mur de clôture de hauteur basse, c’est-à-dire entre 0,50 et 1,20 mètres, il est tout à fait suffisant de réaliser des fondations relativement légères. Toujours est-il qu’elles doivent être minutieusement dimensionnées suivant la charge à porter et les spécificités du sol. Il faut bien évidemment creuser une tranchée sur toute la longueur du mur qui aura une profondeur comprise entre 30 et 40 cm. Par ailleurs, la largeur de la tranchée sera deux fois plus importante que celle de la clôture.
Mur de hauteur moyenne
Pour un mur de clôture de hauteur moyenne, comprise entre 1,20 et 2 mètres, les fondations sont censées être conçues de sorte à pouvoir supporter la charge exercée par une structure plus imposante.
Dans ce cas précis, la profondeur minimale de tranchée est de 60 cm. Lorsque le sol est instable ou sujet à l’érosion, la profondeur de la tranchée doit même être fixée à 90 cm tout en optant pour une fondation en caisson.
Si le mur est fait en brique ou en béton, la fondation peut quant à elle être réalisée en béton armé. Le prix de ce type d’ouvrage oscille généralement entre 50 et 150 € par mètre linéaire. La largeur de la tranchée doit dépasser de 30 cm de chaque côté du mur. Dans le cas d’un mur fait en blocs de béton, l’idéal est de renforcer les fondations avec des poteaux en acier qui seront placés tous les 1,50 mètres. Il faut encore veiller à ce que les poteaux apparaissent légèrement en surface afin d’optimiser la stabilité de la structure.
Mur de grande hauteur

Une fondation profonde et renforcée est requise lorsqu’il est question de mur de clôture de grande hauteur, c’est-à-dire plus de 2 mètres de haut. Il est encore important de bien choisir les matériaux, ainsi que les techniques de construction. Une fois de plus le dimensionnement de l’ouvrage reposera principalement sur la nature du sol et les charges.
Une fois de plus, c’est le béton armé qui est choisi pour soutenir cette hauteur de clôture. De même, les pieux en béton armé sont aussi indispensables pour garantir la solidité et la durabilité de la structure. Ces éléments seront enfoncés dans le sol jusqu’à ce qu’ils atteignent une couche bien stable.
Combien coûte la réalisation des fondations pour un mur de clôture ?

Le coût d’une fondation pour un mur de clôture repose essentiellement sur la quantité de béton nécessaire. On estime ainsi que le devis pour ce type de travaux avoisine les 50 €/m linéaire. Ce tarif fait, en outre, référence à l’utilisation d’un béton classique fabriqué à la bétonnière. Au-delà d’un certain seuil de volume, il peut être intéressant de s’orienter vers la livraison de béton prêt à l’emploi.
Il existe certes plusieurs types de béton, mais du béton standard convient parfaitement à la réalisation d’une fondation pour mur de clôture. En effet, le béton autonivelant est certes plus facile à mettre en œuvre, mais son coût est plus élevé. Cependant, il ne faut pas omettre le coût du ferraillage et du coffrage, mais ceux-ci sont assez faibles.
Quelle est l’importance de l’étude du sol sur le choix de la fondation ?
La qualité du sol est un facteur important ayant un impact direct sur le type de fondation à réaliser. Il est donc pertinent de s’informer sur la nature du terrain, car en dépendra donc le coût de la fondation.
Se renseigner et faire une étude de sol
Avant de lancer les travaux, il est conseillé de s’informer sur le type de terrain et d’évaluer les risques existants, que ce soit les inondations, les glissements de terrain ou autres dangers potentiels. Pour cela, on peut effectuer une enquête de voisinage ou consulter le fameux Plan de prévention des risques (PPR) se trouvant dans les services techniques de la municipalité concernée.
L’étude du sol n’est pas obligatoire, mais se révèle être pertinente lorsqu’on est en face d’un terrain instable. La priorité est d’adapter le type de fondation suivant les caractéristiques du sol afin d’éviter tout dommage de la structure.
C’est un bureau d’études géotechnique qui est chargé d’effectuer l’étude de sol. Celui-ci entreprend d’abord une reconnaissance de sol durant laquelle une campagne de sondage est réalisée. Les prélèvements sont ensuite envoyés au laboratoire pour analyse.
La phase de reconnaissance vise encore à déterminer les caractéristiques de la couche d’assise, à savoir sa profondeur, son comportement et sa contrainte admissible. C’est aussi un moyen de connaître la position de la nappe phréatique.
Une fois les résultats de l’analyse du sol délivrés, des recommandations émanant du bureau d’études sont faites concernant les fondations à réaliser.
Autres conseils techniques pour réussir la réalisation des fondations d’un mur de clôture
Outre ces précédentes recommandations concernant la réalisation des fondations d’un mur de clôture, il existe encore bon nombre de paramètres techniques à respecter pour que l’ouvrage soit dans les normes.
Préparation du terrain
Avant de creuser la tranchée qui accueillera la fondation, il est indispensable de bien préparer le terrain. Cela débute par l’élimination de toute végétation sur la zone des travaux.
Ensuite, il faut niveler correctement le terrain. Il ne faut pas oublier d’analyser la qualité du sol afin de prévoir toutes les dispositions à prendre. En effet, pour un instable par exemple, il sera intéressant de disposer une couche de gravier au fond de la tranchée.
Réalisation de la tranchée

La première étape à respecter au moment de creuser la tranchée et de déterminer ses dimensions. Cette fois encore, le type de sol et la hauteur du mur seront les facteurs majeurs à prendre en compte. Cela est aussi valable pour le type de semelle à entreprendre (superficielle ou profonde).
Sinon, les travaux de creusement sont à réaliser avec précision pour éviter toute malfaçon qui aura un impact plus ou moins important sur toute la stabilité de la structure. Le compactage et le nivelage sont les dernières étapes avant le coulage du béton.
Ferraillage, coffrage et coulage du béton
Le ferraillage est l’étape qui précède le coulage. Il s’agit de réaliser le treillis métallique qui sera la base de la solidité des fondations. Son rôle consiste aussi à permettre à la structure de supporter les contraintes mécaniques et donc d’éviter l’apparition de fissures au niveau du mur de clôture.
Il se peut que la pose d’un coffrage soit nécessaire dans le but de maintenir en place le béton en attendant qu’il sèche. Le plus souvent on utilise des planches en bois à cet effet, mais certains optent pour les plaques métalliques. Le coffrage doit parfaitement être ancré dans le sol pour éviter qu’il ne bouge lors du coulage du béton. Les étais aideront à les garder dans la bonne position.
Après avoir mélangé tous les composants du béton dans la bétonnière, on peut utiliser une pompe à béton ou une simple brouette pour effectuer le coulage. Tous les recoins doivent être atteints. Le béton coulé doit encore être tassé à l’aide d’un pilon ou d’une règle pour retirer toutes les bulles d’air et obtenir une surface bien plane.
Les étais et le coffrage ne seront enlevés qu’une fois le béton bien sec. La fondation sera ensuite nivelée et pourquoi pas lisée. La dernière étape consiste à vérifier la qualité des travaux. On devra, en outre, contrôler la résistance du béton en utilisant un scléromètre.
Vous pouvez également consulter nos deux articles : « Peut-on mettre un occultant sur un grillage ? » et « Comment réaliser la fixation d’un poteau en bois dans de la terre ? ».


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