Qu’est-ce qu’un enrobé bitumineux ?

Un enrobé bitumineux, plus couramment appelé “asphalte”, correspond à un mélange de granulats et de bitume servant de liant. Pour un novice, ces termes peuvent être compliqués à appréhender, d’où la nécessité de faire la distinction entre toutes ces notions. De cette manière, il sera plus facile de comprendre à quoi sert l’enrobé bitumineux, quels sont ses atouts et combien coûte-t-il ?

Quelle est la définition exacte d’un enrobé bitumineux ?

Si l’asphalte est connu de tous comme étant un des matériaux les plus couramment utilisés pour la réalisation de nombreuses infrastructures. En effet, celui-ci est un élément majeur dans la confection de routes et autres constructions.

Par ailleurs, il faut savoir qu’il s’agit d’un matériau particulièrement ancien et que son usage remonterait déjà au temps d’Hérodote. À cette époque, l’asphalte permettait de lier les briques entre elles en vue de construire le fameux mur de Babylone. On savait dès lors que le bitume naturel était très bien résistant, durable et pratique.

Concernant sa composition, l’enrobé bitumineux est fabriqué à partir de plusieurs matières premières, dont des agrégats (pierre), du sable, des additifs et du liquide bitumineux (pétrole), voire de l’asphalte liquide pour les chaussées notamment.

Comment est fabriqué de l’asphalte ?

Voici le processus à suivre pour fabriquer de l’enrobé bitumineux.

Mélanger tous les composants

La première étape consiste à mélanger toutes les matières premières. Généralement, la formule comporte au moins 90 à 95% d’agrégats et de sable et 5 à 10% de mélange d’additifs et de liquide bitumineux ou de l’asphalte liquide. Le type de formule dépend avant tout de l’utilisation de l’enrobé bitumineux.

Effectivement, la recette diffère notamment si elle est destinée à la construction d’une route ou d’un trottoir. Une fois le mélange réalisé, il faut encore le peser avant de passer à l’étape suivante.

Séchage et triage de l’asphalte

Après avoir bien mélanger tous les composants, l’asphalte doit sécher suivant une méthode bien déterminée. Les professionnels utilisent à cet effet un tambour de séchage dans lequel l’asphalte est exposé à une chaleur de 300°C.

Après séchage, l’asphalte est de nouveau peser avant d’être trié en passant par un crible. Chaque calibre est ensuite entreposé dans un silo.

Ajout de l’agent de liaison

C’est au niveau de la console de mixage que l’agent de liaison est ajouté à l’asphalte séché. À ce titre, on utilise donc soit du liquide bitumineux, soit de l’asphalte liquide afin de lier tous les composants. Un autre point important à considérer est le mode de chauffage du liquide servant de liant.

Entreposage du produit fini

La dernière étape est l’entreposage de l’enrobé bitumineux. Dans cette perspective, il est primordial de le stocker tout en le gardant dans un endroit où la température est assez élevée. Dans le cas contraire, l’asphalte risque de durcir et de ne pas pouvoir être compacté lors de son utilisation.

Quels sont les principaux atouts de l’asphalte ?

En plus de sa durabilité, l’asphalte est plébiscité par les professionnels de la construction  du fait de sa grande fiabilité et de son coût abordable. C’est pour ces raisons qu’on peut, en outre, profiter de routes en bon état quasiment tout au long de l’année. Il faut dire que lorsque les travaux sont réalisés par des entreprises qualifiées en pavage, d’asphalte affiche une durée de vie approximative de 25 ans.

D’autre part, l’asphalte est recyclable et le produit recyclé est essentiellement utilisé pour effectuer les réparations sur le terrain. Sinon, l’agent liant qui possède une viscosité élevée joue donc en faveur de la flexibilité du matériau. Il faut encore savoir que l’asphalte est relativement hydrophobe, c’est-à-dire qu’il a la faculté de repousser l’eau. Pour rappel, l’eau est un des éléments principaux qui cause la détérioration de l’asphalte.

Comment faire la distinction entre asphalte, bitume et goudron ?

L’asphalte, le bitume et le goudron sont tous couramment utilisés pour la construction de routes, il s’agit bien de notions toutes à fait distinctes, sachant que leurs compositions et leurs usages spécifiques divergent.

Tout d’abord, le bitume est un dérivé du pétrole qui sert principalement de liant pour les revêtements modernes.

L’asphalte, pour sa part, est un mélange de bitume et d’agrégats et est essentiellement destiné à la réalisation de chaussées.

Le goudron, quant à lui, est un extrait de charbon, mais son usage a été abandonné depuis près de 40 ans pour des raisons sanitaires.

Quels sont les différents types d’asphalte ?

On retrouve généralement deux types d’asphalte sur le marché, à savoir le MB-5 et le MB-6. Le premier est composé de graviers de 14 mm d’épaisseur, tandis que est à base de graviers de 6 mm d’épaisseur. Si leurs prix sont assez proches, leurs usages diffèrent sensiblement.

L’asphalte MB-5 qui est donc composé de graviers de plus grande taille permet de profiter d’une construction plus résistante, surtout durant les fortes chaleur ou les risques de détérioration sont élevés. C’est celui-ci qui est alors utilisé si l’on ne veut pas que des trous apparaissent trop vites sur la chaussée.

L’asphalte MB-6 est, quant à elle, plus fin et permet de donner une finition plus lisse à l’allée de sa cour. Le résultat est aussi une chaussée plus sombre et l’on ne détecte pas la présence de graviers rendant le revêtement très esthétique.

L’épaisseur finale de l’asphalte joue également un rôle crucial sur sa qualité. Après compactage, dans le cadre de la réalisation d’une allée résidentielle, si l’asphalte est destiné à une utilisation normale, son épaisseur doit être comprise entre 2 et 3 pouces, soit environ 5,08 à 7,62 cm. On entend par usage normal, la circulation et le stationnement de véhicules particuliers destinés à un usage quotidien.

Lorsque les charges sont trop importantes, il est préférable de revoir cette épaisseur à la hausse, à savoir entre 3 et 4 pouces, soit un entre 7,62 et 10,16 cm. Pour les routes locales, l’épaisseur recommandée de l’asphaltage est de l’ordre de 4 pouces et grimpe à 6, voire 8 pouces pour une autoroute, soit entre 15,24 et 20,32 cm. Côté prix, le coût de l’asphaltage est généralement compris entre 30 et 50 €/m², sans tenir compte de la structure y afférente.

Comment appliquer et entretenir l’enrobé bitumeux ?

L’application de l’enrobé bitumeux

L’enrobé bitumeux est mis en place grâce à l’application d’une couche de roulement. Pour commencer, la surface doit être complètement plane pour assurer un rendu de qualité.

L’enrobé bitumeux est ensuite constituée de trois types de couche à savoir une couche d’assise, une couche de fondation et une couche de base. Sa compacité doit par ailleurs correspondre au trafic qu’il va subir.

L’entretien de l’enrobé bitumeux

Pour préserver la qualité de l’enrobé bitumeux, il doit être entretenu fréquemment. D’une manière générale, l’enrobé bitumeux peut présenter des nids de poule suite à l’accumulation de l’érosion.

Il est donc indispensable de nettoyer régulièrement les points où les eaux de ruissèlement s’évacuent. On parle par exemple des grilles avaloir ou encore des fossés. Cette opération doit par exemple être effectuée après les tempêtes.

En outre, il faut préciser que l’apparition des nids de poule est limitée dans le cas où l’enrobé bitumeux a été appliqué suivant les règles de l’art. Pour rappel, la base des différentes couches doit être complètement plane pour ne pas retenir les flaques d’eau.

La couleur des différents types d’enrobé bitumeux

L’enrobé bitumeux est utilisé pour construire des chaussées. Il faut aussi préciser qu’il est possible de construire une allée de jardin avec les variétés d’enrobé bitumeux. Cela s’explique par son côté esthétique. L’enrobé bitumeux est en effet disponible en plusieurs variétés de couleurs.

Pour avoir un sol de couleur rouge, il faut ajouter du colorant d’oxyde métallique au moment de la fabrication. Cette couleur est le plus souvent utilisée dans un aménagement extérieur visant à donner un style particulier à une allée de caractère.

L’enrobé bitumeux est également disponible en noir. Il s’agit d’ailleurs de la couleur la plus utilisée dans le domaine de la construction. Pour obtenir cette teinte, la surface du sol est recouverte par un mélange de granulat et de liant.

Le prix d’un enrobé bitumeux

Le tarif d’un enrobé bitumeux va dépendre du type de travaux. Le prix sera différent pour la construction d’un accès, d’un parking ou encore d’une cour. A noter que l’enrobé peut couvrir une surface de grande envergure. Le choix du type d’enrobé ainsi que les caractéristiques du support peuvent ensuite influencer le prix des travaux.

Si le support est prêt à recevoir de l’enrobé bitumeux, le mètre carré va coûter entre 20 euros et 40 euros s’il s’agit d’un accès ou d’un chemin.

Ce tarif va se situer entre 21 et 45 euros par mètre carré pour la construction d’une cour ou d’une voirie légère.

Après, le prix peut monter considérablement si le support n’est pas encore préparé. Autrement dit, le terrain n’est pas complètement plan ou il ne dispose pas d’un bon écoulement gravitaire des eaux de ruissellement. Le professionnel doit alors effectuer des nivellements pour avoir un support compatible porteur.

Les normes concernant la mise en œuvre des enrobés bitumeux

Pour que l’enrobé bitumeux respecte l’environnement, les fabricants doivent respecter quelques règlementations. Il s’agit de la note d’information n°46 dont la publication a été affichée en février 2021. Cette clause concerne «L’abaissement de la température de fabrication et de mise en œuvre des enrobés bitumeux».

Dans cette optique, la norme NF P 98-150-1 doit être respectée lors de la fabrication du matériaju ainsi que pendant leur transport et leur mis en œuvre. En ce qui concerne la température, la fabrication de l’enrobé bitumeux doit se faire à 150°C.

Il existe toutefois des exceptions dans la note d’information n°46 concernant les constructions exceptionnelles. Dans ce cas, il est autorisé d’appliquer une température au-dessus de 150°C. Cependant, cette décision doit obtenir l’accord du maitre d’ouvrage ou de son représentant.

Les modalités de fabrication doivent ensuite être indiquées dans le SOPAQ de l’entreprise ou Schéma Organisationnel d’un Plan Assurance Qualité. Ce document mentionne la température utilisée lors de la fabrication de l’enrobé bitumeux.

Pour s’assurer de la bonne exécution de cette norme sur le marché de la construction, l’entreprise doit fournir quelques documents en fonction des modalités industrielles du producteur. Premièrement, elle peut fournir un extrait du système d’acquisition des températures de fabrication de l’usine d’enrobé. Ce dernier fait apparaitre la moyenne et l’écart type de la température de fabrication au moment où le lot est conçu.

Il est ensuite possible de donner des informations concernant la moyenne et l’écart type des mesures ponctuelles qui doivent être respectés selon la norme NF EN 12697-13. Ce document doit être envoyé à l’institution responsable toutes les 200 tonnes d’enrobé bitumeux fabriqué. La fréquence de l’envoi va tout de même varier en fonction du type de travaux. La décision appartient toujours au maitre d’ouvrage.

Quelles sont les exceptions à la règle concernant la fabrication de l’enrobé bitumeux ?

Si la norme indique une température de 150°C pour la fabrication de l’enrobé bitumeux, nous avons dit qu’il existe quelques exceptions à la règle.

Une température de fabrication en dessous de 150°C est autorisée dans le cas où la fabrication de l’enrobé bitumeux s’effectue avec du bitume routier usuel de grade 35/50 et 50/70. Les moyens de mis en œuvre doivent ensuite être mécanisés. La mise en œuvre à la main ne doit être utilisée que dans une zone ponctuelle.

Parallèlement à cela, il existe des conditions de mise en œuvre ainsi qu’une température minimale d’application à respecter jusqu’à ce que l’application se termine. La température ambiante doit notamment être supérieure ou égale à 10°C. L’application doit ensuite se faire par temps sec. La vitesse du vent doit aussi être en-dessous de 30 km/h. Après cela, l’enrobé bitumeux doit être transporté de l’usine au chantier dans un délai de 1h.

A noter qu’il est interdit d’utiliser une formule BBTM (béton bitumeux très mince) ou BBUM (béton bitumeux ultra mince). Le mélange ne doit pas non plus contenir des additifs comme le polyéthylène ou similaire.

Lors de la production des enrobés bitumeux, il est conseillé de vérifier fréquemment le niveau de la température. Le chantier doit ensuite être suffisamment contrôlé afin de respecter la durée de transport et de réduire le temps de l’attente sur le chantier.

Vous pouvez également consulter nos deux articles : « Notre guide sur le béton bitumeux » et « Qu’est-ce qu’une toupie en béton ».